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Intelligence Emotionnelle : A Gonfaron, dans le Var, les ânes volent.

Article portant sur l'Intelligence émotionnelle et les compétences interpersonnelles

En 1524, la Provence est envahie par les troupes espagnoles de Charles Quint.

Toute la Provence est sur le pied de guerre et elle se défend si bien qu'elle oblige les envahisseurs à coups de mousquets, d'arquebuses et de canons, à se retirer en toute hâte et dans le plus grand désordre vers Menton.

Après la bagarre, le Roi René II revint dans ses états de Provence et s'installa dans son beau château du Tarascon, puis, il envoya son viguier faire un tour dans le pays pour mettre un peu d'ordre dans les affaires, après une telle victoire. A l'époque, le viguier était un haut dignitaire, juge et représentant du roi. Alors, ce viguier était curieux et avait de l'instruction. Il avait appris qu'en Provence, il y avait un pays où les ânes volaient. 

On lui avait dit : "A Gonfaron, les ânes volent" et à Gonfaron, il exigea que l'on fit voler un âne. 

Les gens du village amenèrent sur la place publique un vieil âne qui n'était plus bon à rien, pensant que si celui-là disparaissait dans le ciel, on ne perdrait pas grand chose.

Ils se mirent en posture de la gonfler de leur respiration, en plantant un fort tuyau de roseau dans le trou, sauf votre respect, que tous les ânes ont sous la queue. Et tour à tour passèrent ces braves gens, sous le regard attentif du viguier, chacun soufflant selon sa force, en bouchant bien vite avec la paume de la main, le trou du tuyau de peur que la bête ne se dégonfle. Tout le village s'exécuta et comme l'opération paraissait satisfaisante, on demanda au viguier de sceller l'exécution en soufflant à son tour. 

Indigné, il déclara que de trop vilaines bouches s'étaient posées sur ce tuyau et qu'il ne soufflerait pas. Mais tous se mirent à crier qu'il allait faire manquer le résultat d'un si beau travail et qu'en soufflant le dernier, il recueillerait tout le mérite de l'ascension. Il se vit donc obligé de mettre sa part de respiration dans le trou de l'âne ; mais comme il était très délicat et qu'il avait de l'éducation, il lui vint une bonne idée ; il retira le roseau, le retourna vivement, et l'ayant planté par l'autre bout dans le pertuis que vous savez, il put souffler plus proprement par l'orifice où personne, excepté l'âne n'avait mis sa bouche avant lui. 

Mais en retirant le roseau, le viguier avait dégonflé l'animal de tout le vent du village. Il s'en alla raconter son aventure et sa déception au Roi René qui le consola en lui disant "Mon bon ami, tant que vous n'aurez pas pénétré l'âme de notre peuple, vous ne comprendrez jamais ce que représente une galéjade ».*

Les compétences interpersonnelles.

Les deux péchés cardinaux des nouveaux embauchés et des promus : 

  • vouloir prendre trop tôt la direction de son poste
  • sortir du cadre de référence (culture d’entreprise par exemple)

En agissant ainsi, certes, ils attirent l’attention, mais, surtout, ils se mettent en position de rejet et de marginalisation. 

Les compétences interpersonnelles se mesurent dans la capacité à :

  1. savoir observer le groupe : l’entreprise, le service, l’équipe, clients, fournisseurs,...
  2. montrer l’acceptation des règles : compréhension et états des lieux
  3. agir et savoir attendre d’être accepté : confirmation par les autres de la position et du poste
  4. émettre des suggestions : s’inscrire dans la continuité tout en affirmant son rôle.

En agissant ainsi, le salarié utilise ses qualités de l'intelligence émotionnelle pour, non seulement, se faire accepter, prendre le leadership le cas échéant, avec le soutien de tout l'environnement : collègues, équipe, direction,...

Pierre Fasquelle - Honeos conseil - formateur Intelligence Emotionnelle

www.honeos.fr

* Source : "Conte du bon vieux temps" paru dans le Bulletin Municipal de Trans en Provence n° 3 de 1983

 

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